Des liens entre vagues de froid et augmentation des températures ?

Des liens entre vagues de froid et augmentation des températures ?

En février dernier, une vague de froid importante, amenant des chutes de neige, s’est abattue sur la surface du globe. Les États-Unis ont été fortement impacté, enregistrant des températures records, jusqu’à -20 degrés au Texas. Cependant, cette vague de froid globale cache peut-être un problème majeur : l’accélération du changement climatique.

Des vagues de froid et d’enneigement records pour ce début d’année 

Ce n’est un secret pour personne, le changement climatique a un impact sur les températures, ainsi que la météo, partout sur la surface du globe. Le mois de février a été le théâtre de nombreux épisodes neigeux, et de vagues de froids records partout dans le monde.

Tout d’abord, en prenant l’exemple des États-Unis, qui, en l’espace d’un mois, a vu sa superficie enneigée passer de 29 %, à environ 70%.

Habitués aux températures douces, les Texans ont fait face à des températures allant jusqu’à − 12 °C dans leur capitale, Austin. En comparant à la moyenne basse pour février dans cette ville (7,2 °C) et même en comparaison de la température enregistrée au même moment à Anchorage, en Alaska (− 7 °C), c’est un réel plongeon dans les températures des mois de février.

Outre les nombreuses coupures d’électricité qui paralysent le pays, les dégâts sont à mesurer côtés humains et environnementaux.

Ces conditions extrêmes ont provoqué la formation d’au moins quatre tornades, selon le site spécialisé Weather.com, dont une s’est abattue en pleine nuit sur le sud-est des États-Unis, en Caroline du Nord, tuant trois personnes et faisant dix blessés.

Au total, aux États-Unis, c’est environ 3,5 millions de foyers qui ont été privés d’électricité, et ces épisodes de froids ont couté la vie à une trentaine de personnes.

En Europe, et plus précisément en Grèce, de fortes chutes de neige sont venues perturber le quotidien de la population.

Si la neige n’est pas rare en Grèce et même à Athènes, survenant en moyenne 2 fois par hiver pour la capitale, il s’agissait cette fois-ci d’une des plus fortes chutes de neige depuis 10 ans. Les températures s’étaient tout de même abaissées à -20°C dans les montagnes du nord de la Grèce (non-record) et -7°C dans le Péloponnèse (au sud de la Grèce), ce qui est plus rare.

Au final, de nombreux foyers ont été privés d’électricité dans le pays, et le bilan humain est de quatre décès.

L’homme, seul victime ?

Ces tristes records de température affectent l’homme en lui-même, mais également la faune.

Les épisodes de février aux États-Unis ont notamment touché certaines espèces marines et terrestres.

Ainsi, des milliers de tortues de mer, paralysées par la température de l’eau, se sont ainsi échouées au sud du Texas, la température ne leur permettant pas de suivre leur « trajets habituels ». Quelque 4 700 tortues ont de ce fait été secourues par des bénévoles, note Reuters. Grâce à ces volontaires, ces milliers d’animaux ont été conduits dans un centre de convention pour pouvoir se réchauffer avant d’être relâchées une fois la météo redevenue plus clémente.

Des lois ont également été mises en vigueur pour les animaux domestiques, comme au Texas, interdisant aux propriétaires de laisser leurs animaux dehors en cas de températures inférieures à 0 degré.

(Pour en savoir plus sur l’impact des mesures Covid sur la faune, rendez vous sur notre article précédent : https://www.mountainow-blog.net/fr/2021/03/01/stations-francaises-covid/)

Une augmentation des températures depuis plusieurs décennies

Même si les températures de février ont été extrêmement basses à plusieurs coins du globe, comme elles l’ont deja été dans le passé, les mesures indiquent de fortes augmentations de températures moyennes depuis plusieurs décennies, et notamment en Suisse. Ces vagues de froid sont majoritairement issues de changement de variations d’air (chaud/froid), créant des dérèglements majeurs de températures, pouvant ainsi être extrêmement variables dans un laps de temps court.

Avec un écart moyen de +2,5 °C par rapport à la période de référence préindustrielle 1871-1900, la dernière décennie a été la plus chaude du pays.

Les six années les plus chaudes depuis le début des mesures en 1864 ont toutes été enregistrées au cours de la dernière décennie. Les années 2018 et 2020 ont été les deux plus chaudes, avec un écart de 3,0 °C par rapport à la période de référence préindustrielle. Elles sont suivies par 2015, 2011, 2014 et 2019. Les années restantes 2012, 2016 et 2017 figurent également parmi les 20 années les plus chaudes depuis le début des mesures en 1864, la seule exception étant l’année 2013.

De plus, le climat dans la région alpine se réchauffe plus fortement que la moyenne mondiale, la Suisse étant de ce fait encore plus impacté par le changement climatique. (Météo Suisse)

Les scénarios climatiques semblent prévoir un réchauffement croissant. L’ampleur de ce phénomène pour les siècles à venir dépendra en grande partie de la mise en œuvre ou non de mesures de préservation du climat à l’échelle mondiale, mais également des gestes du quotidien. Dans l’immédiat et les décennies à venir, l’adaptation à de nouveaux climats est probablement déjà à l’ordre du jour.

 

Baptiste Guillemin

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